Pour Abderrazak Makri du MSP : La transition politique, un préalable au décollage économique

Lors d’un séminaire international dédié à l’ancien leader du MSP, feu Mahfoud Nahnah, intitulé « Les approches de développement dans le monde », le président du parti, Abderrazak Makri, est revenu en détail sur le programme, surtout économique, de son mouvement. Néanmoins, il a clairement souligné que ce programme économique est inapplicable sans transition démocratique.

Ainsi, et après avoir exposé les deux exemples chers à la mouvance islamiste dans le monde en matière de décollage économique, à savoir le Turquie et la Malaisie, Abderrazak Makri a communiqué les grandes lignes de sa formation politique, comme il ne l’a jamais fait en public.

Les questions économiques dans ce programme se taillent la part du lion, mais il ne les voit pas se réaliser sans transition démocratique.

Pour lui, son mouvement est capable de faire de l’Algérie « la Turquie » de l’Afrique du Nord s’il arrive au pouvoir. Cependant, il a conditionné l’application de ce programme par l’avènement d’une « véritable démocratie ».

« L’Algérie a dépensé 800 milliards de dollars sans que la croissance n’ait atteint les 4 %, alors que le nombre d’entreprises ne dépasse pas les 600 000, bien loin du 1,2 million d’entreprises nécessaires pour sortir le pays de la dépendance aux hydrocarbures », a-t-il déclaré.

Il a déploré au passage les politiques économiques du pouvoir actuel, en signalant que « le gouvernement, qui est géré par une seule force politique, sans aucune vision économique adéquate ni mutualité politique forte et en déphasage avec la société, ne connaîtra qu’une chute certaine qui peut mettre le pays en danger ».

Face à cette situation, a-t-il expliqué, son parti, dans le contexte actuel, se base dans son action sur plusieurs axes. D’abord, selon lui, « une transition démocratique qui permettra l’élargissement de la base sociale du futur pouvoir dans une perspective de participation de toutes les forces nationales sans exclusion, comme cela a été détaillé dans la plateforme de Mazafran ».

Dans le cas où la transition démocratique a lieu, M. Makri a suggéré de préserver le consensus dans le pouvoir sans prendre en considération les résultats de cette transition afin de consolider la démocratie et protéger l’économie nationale. Par ailleurs, M. Makri a proposé, toujours dans la logique de son futur projet, d’arrêter toute opposition partisane et syndicale si le gouvernement consensuel respecte le pacte du consensus, une façon de faire face aux éventuels troubles sociaux.

Sur le plan économique, il a indiqué qu’il fallait trouver des compromis sur la vision économique à adopter loin des calculs politiques dans une logique de bonne gouvernance, de donner l’exemple en tant que gouvernement dans toute politique d’austérité et de rompre rapidement avec les logiques de distribution de la rente et de corruption.

Bien que le discours d’ouverture de M. Makri dans ce séminaire international ne fût que la vision future de son parti et de ses théoriciens, il consacre néanmoins une sorte d’impasse en matière de mise en œuvre des idées de la classe politique algérienne. Faute de démocratie, nous a-t-il dit, ce programme est inapplicable.

Écrit par Imad Boubekri

Source : Site Web Reporter.DZ

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